« Cette richesse provient tout autant des terroirs que des hommes qui les cultivent et les entretiennent au fil des siècles, qu'ils s'agissent de viticulteurs exploitant fièrement leurs quelques ouvrées de vignes, aux grandes maisons de négoces qui ont su porter les vins de Bourgogne au-delà de nos frontières.
Parmi ces dernières, il en est une, parmi les plus anciennes, dont les vins étaient souvent une source de frustration. La maison Faiveley, célèbre domaine nuiton, a toujours eu la réputation de produire des vins francs, mais manquant parfois de brillance. D'aucuns diraient même austère. La matière était présente, le terroir aussi, mais il manquait un petit quelque chose pour magnifier l'ensemble. Pour tout dire, cette maison faisait figure de belle endormie.
Cette réputation est désormais à jeter aux oubliettes. Une récente dégustation du millésime 2006 a révélé des vins éblouissants, droits, gourmands, avec un fruit explosif, laissant parler le terroir bien plus que l'élevage. Une véritable révélation. Mieux, une révolution !
Mais que les choses soient claires. Le domaine n'est pas revenu au premier plan par le fait du hasard. A sa tête depuis deux ans, Erwan Faiveley, sixième génération de la famille fondatrice, a su changer les méthodes de travail sans provoquer de révolution de palais. Il s'est tout d'abord entouré d'hommes neufs et compétents, à l'image de Bernard Hervet, le nouveau directeur général, transfuge de la maison Bouchard père et fils. «Mon rôle n'a pas été de révolutionner la vinification, mais au contraire de poursuivre l'œuvre engagée depuis des décennies au sein de la maison Faiveley», confie-t-il. Son humilité sincère masque mal le travail réellement effectué. «Je me suis contenté de rayer de la liste de nos fournisseurs un tonnelier dont les fûts apportaient une certaine dureté à nos vins», poursuit-il. Et sur ce plan, le changement est incontestable. Les vins sont purs de l'attaque en bouche à la finale, sans verdeur ni dureté. Mais ce changement de futaille ne saurait expliquer à lui seul cette brusque remontée de qualité. «Après notre travail dans la cuverie, nous avons repensé notre mode d'intervention dans les vignes», avoue Erwan Faiveley. En Bourgogne comme ailleurs, le vin se fait d'abord dans les vignes avant de se faire dans les fûts !
Au final, les 2006, que ce soit en blanc ou en rouge, se révèlent très supérieurs aux 2005, millésimes pourtant grandioses en Bourgogne. «Cet été, les 2006 se goûtaient très mal, confie Erwan Faiveley. Les vins étaient repliés sur eux-mêmes. Je suis parti en congé très inquiet sur la qualité du millésime. Mais à mon retour, les vins étaient resplendissants».
Une impression confirmée à la dégustation. ». Faiveley devrait continuer à briller au firmament des grandes maisons bourguignonnes. »